Visite guidée de l’exposition “Complexo Brasil” à la Fondation Gulbenkian

Le 21 janvier, l’Assemblée générale s’est tenue au Palais Magalhães afin d’approuver les comptes de gestion 2025 et le plan d’activités et le budget pour l’année 2026. L’approbation a été suivie d’un déjeuner convivial.

Le 28, le Club a organisé une visite guidée intéressante de l’exposition “Complexo Brasil” à la Fondation Calouste Gulbenkian. Une exposition magnifique et surprenante qui révèle la diversité culturelle du Brésil. Entre sculpture, architecture, peinture, photographie, musique et vidéo, de la littérature à la poésie, un regard sur ses singularités, où s’inscrivent évidemment les relations historiques et culturelles entre le Brésil et le Portugal.

Sur la photo de couverture, installées dans le jardin de la Fondation Gulbenkian, les sculptures géantes de serpents “As Entidades” (Les Entités) de Jaider Esbell, qui représentent la fertilité et la protection pour les peuples indigènes de l’Amazonie.

Gê Viana – photomontage imprimé sur papier journal sur bois
“Première messe au Brésil”, de Victor Meirelles, 1860 – une image symbolique de la culture brésilienne
“La Rédemption de CAM” de Modesto Brocos (1895)

L’image ci-dessus représente la thèse du blanchiment progressif des générations par le métissage au Brésil. À gauche, une femme noire, la grand-mère, peut-être esclave, pieds nus sur un sol en terre battue, les mains jointes en signe de gratitude.

Puis la fille, au teint plus clair, tenant un bébé blanc dans ses bras et vêtue différemment. À côté, un homme blanc, le père, les pieds posés sur un sol en pierre – le lien qui a permis le blanchiment complet des descendants de la femme, représentant les trois générations nécessaires pour que le Brésil devienne un pays de Blancs.

Ces masques de l’ethnie Jurupixuna, datant du XVIIIe siècle, fabriqués à partir d’écorce d’arbre, de cire et de pigments, se trouvent au Musée des sciences de l’Université de Coimbra.

“Massacre de Haximu”, par Luiz Zerbini

L’œuvre représente le génocide des indigènes Yanomamis lorsque, en 1993, des mineurs ont envahi le territoire Yanomami et massacré tout le village, seuls deux enfants ayant réussi à s’enfuir vers une tribu voisine.

“Le brun, c’est du papier”, de Maxwell Alexandre

Œuvre inspirée du quotidien de Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro, où Alexandre est né, travaille et réside, elle est une construction narrative qui explore des thèmes tels que le racisme, la violence policière, la communauté et la spiritualité.

“O barco de açúcar” (Le bateau de sucre), de Tiago Santa’Ana (2021), explore trois symboles : le bateau, le corps et le sucre, matériau récurrent dans l’œuvre de l’artiste et l’un des principaux produits exploités au Brésil. La vue de celui qui regarde la mer s’éloigner de la côte africaine, contrastant avec la proue du bateau qui indique la direction du Brésil, le sentiment angoissant et l’incertitude d’une traversée atlantique forcée et violente.

Manteau de présentation, de l’artiste brésilien Arthur Bispo do Rosário

Le manteau, brodé au fil des décennies, a été conçu comme un vêtement sacré avec lequel il fallait se présenter devant Dieu le jour du Jugement dernier. Créé vers 1989, c’est l’une des œuvres les plus emblématiques et les plus complexes de l’artiste. Bispo do Rosário a passé plus de 50 ans dans un établissement psychiatrique, où il a créé des milliers d’œuvres d’art à partir d’objets trouvés.

Le manteau Tupinambá de Glicéria Tupinambá renoue avec une tradition vieille de quatre siècles. La cape Tupinambá est un vêtement à plumes datant du XVIIe siècle. Confectionnée par les Tupinambás, une tribu indigène du peuple Tupi, elle est faite de plumes d’oiseaux et de fibres végétales. Pour les Tupinambá, il s’agissait d’objets sacrés utilisés par les chamans lors de cérémonies et de rituels, car les oiseaux étaient considérés comme des créatures divines.

Entre les mains des Européens, ces magnifiques manteaux sont devenus des objets de collection exotiques, très convoités sur le marché transatlantique de l’époque. Cela explique pourquoi, 500 ans après le premier contact des Européens avec les Tupinambás, les vestiges originaux du manteau (11 au total) étaient dispersés dans des musées en Belgique, au Danemark, en France, en Italie et en Suisse, mais aucun au Brésil.